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Que risque une entreprise qui n'est pas en règle

La réponse circule beaucoup et elle est presque toujours fausse, dans un sens comme dans l'autre. Nous avons lu les textes le 16 août 2026 : côté européen, aucun montant n'est fixé, ce sont les États qui décident. Côté français, un seul régime de sanctions existe aujourd'hui, celui des batteries, et il est en vigueur depuis le 30 octobre 2025. Son montant surprend, et il ne doit rassurer personne.

Statut
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La réponse courte

  • Vos produits sont des batteries visées par l'article 77 : le risque existe déjà. Le manquement est une contravention de 5e classe, soit 1 500 € au plus pour une personne physique et 7 500 € pour une société.
  • Vos produits relèvent de l'ESPR (terme du glossaire : définition au survol, au clavier ou au premier appui), textile, mobilier, acier et les autres : il n'y a aucune sanction, pour une raison simple, il n'y a pas encore d'obligation. Aucun acte délégué n'a été adopté pour ces familles.
  • Vos produits sont des emballages : le PPWR ne crée pas de passeport. Ce qui vous vise est le marquage, sur un calendrier détaillé dans notre page emballages.

L'Europe fixe les règles, pas les montants

L'article 74 de l'ESPR, lu au texte, ne contient aucun montant. Il confie le sujet aux États membres, en leur imposant seulement que les sanctions soient « effectives, proportionnées et dissuasives ». C'est la raison pour laquelle personne ne peut vous annoncer un chiffre européen : il n'existe pas.

Le même article fixe en revanche un minimum de deux peines que chaque État doit au moins être capable d'infliger.

  1. Des amendes.
  2. L'exclusion, limitée dans le temps, des procédures de passation de marchés publics. Pour une entreprise dont une part du chiffre d'affaires vient de la commande publique, cette peine pèse beaucoup plus lourd que la première.
  • la nature, la gravité et la durée de la violation ;
  • son caractère délibéré ou négligent ;
  • la situation financière du responsable ;
  • les avantages économiques tirés de la violation ;
  • les dommages environnementaux causés ;
  • les actions entreprises pour réparer ;
  • le caractère répétitif ou isolé ;
  • tout autre élément aggravant ou atténuant.

Les batteries : le régime français est en vigueur

Le règlement batteries, lui, a fixé une date aux États : son article 93 leur donnait jusqu'au 18 août 2025 pour déterminer leur régime de sanctions. C'est une différence notable avec l'ESPR, dont l'article 74 ne fixe aucune échéance.

La France s'est exécutée avec un peu de retard. Le décret n° 2025-992 du 28 octobre 2025, publié au Journal officiel du 29 octobre et en vigueur le lendemain, insère un article R. 412-43-3 dans le code de la consommation.

TexteCe qu'il fait
Règlement (UE) 2023/1542, article 77Crée l'obligation de passeport de batterie à compter du 18 février 2027.
Règlement (UE) 2023/1542, article 93Impose aux États de fixer leurs sanctions au plus tard le 18 août 2025.
Décret n° 2025-992 du 28 octobre 2025Désigne les articles du règlement, dont l'article 77, comme mesures d'exécution de l'article L. 412-1 du code de la consommation.
Code de la consommation, article R. 451-1Punit les infractions à ces mesures de l'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe.
Code pénal, articles 131-13 et 131-41Fixe le montant : 1 500 €, 3 000 € en récidive, et le quintuple pour une personne morale.

Le montant exact de l'amende

QuiAmende encourueEn récidive
Personne physique1 500 € au plus3 000 € au plus
Personne morale, société7 500 € au plus15 000 € au plus

Ces montants sont faibles au regard des chantiers qu'ils sanctionnent, et il serait imprudent d'en conclure que le sujet est mineur. Trois raisons.

  • L'infraction se compte par produit non conforme, pas par entreprise. Une contravention est constituée pour chaque manquement relevé.
  • La sanction pénale n'épuise pas les suites. Le contrôle relève de la surveillance du marché, qui dispose de pouvoirs propres, dont le retrait, le rappel et l'interdiction de mise à disposition.
  • Le coût de mise en conformité en urgence dépasse largement l'amende. Reconstituer une chaîne de données fournisseurs sous injonction n'a rien à voir avec le même travail mené sur deux ans.

Pour les autres produits, aucune sanction n'existe

Pour le textile, le mobilier, l'acier ou les pneus, il n'existe aujourd'hui ni obligation de passeport ni sanction, et la seconde découle de la première. L'obligation naîtra d'un acte délégué propre à chaque famille de produits, et aucun n'a été adopté. Notre calendrier distingue, pour chacune, ce qui est ferme de ce qui est annoncé.

Questions fréquentes

Une amende de 7 500 € seulement, est-ce bien sérieux ?

C'est le montant que le texte prévoit, et nous le publions tel quel plutôt qu'un chiffre plus impressionnant. Il faut le lire pour ce qu'il est : une sanction pénale par manquement constaté. Elle ne fait pas obstacle aux mesures de retrait ou de rappel prononcées par ailleurs, qui coûtent sans commune mesure.

Qui contrôle, en France ?

Le décret rattache ces dispositions au code de la consommation, dont l'application relève des services de la répression des fraudes. Nous n'avons pas trouvé d'instruction publiée décrivant la fréquence ou la méthode des contrôles, et nous ne l'inventons pas.

Mon fournisseur est hors d'Europe, qui est responsable ?

La question du rôle prime celle de la sanction, et elle se traite sur notre page qui porte l'obligation. En résumé, l'importateur porte presque les mêmes obligations que le fabricant.

Cette page vaut-elle un conseil juridique ?

Non. Nous décrivons des textes publics avec leurs références, pour que vous puissiez les vérifier. L'appréciation de votre situation particulière relève d'un avocat, et la consultation juridique à titre habituel est réservée par la loi.

Sources

  1. Règlement (UE) 2024/1781 (ESPR)
    Union européenne, consultée le 15 août 2026. Cadre d'écoconception et système de passeport numérique de produit. Article 4, paragraphe 4 lu dans la version française : délai d'application des actes délégués.
  2. Règlement (UE) 2023/1542 (batteries)
    Union européenne, consultée le 15 août 2026. Article 77 lu dans la version française : passeport de batterie, catégories visées et niveaux d'accès. Définitions de l'article 3 également lues.
  3. Décret n° 2025-992 du 28 octobre 2025 relatif aux batteries et déchets de batteries
    Légifrance, consultée le 16 août 2026. Journal officiel de la République française (JORF) n° 0255 du 29 octobre 2025. Insère l'article R. 412-43-3 du code de la consommation, qui désigne les articles du règlement batteries valant mesures d'exécution de l'article L. 412-1, dont l'article 77, celui du passeport.
  4. Code de la consommation, article R. 451-1
    Légifrance, consultée le 16 août 2026. « Les infractions aux dispositions des décrets pris en application de l'article L. 412-1 sont punies de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe. »
  5. Code pénal, articles 131-13 et 131-41
    Légifrance, consultée le 16 août 2026. Contravention de 5e classe : 1 500 € au plus, 3 000 € en récidive lorsque le règlement le prévoit. Pour une personne morale, le taux maximum est le quintuple de celui prévu pour les personnes physiques.