Pourquoi cette page existe
Le passeport de batterie vise un petit nombre d'entreprises françaises, l'emballage en vise beaucoup plus. Nous ne publions pas d'ordre de grandeur chiffré tant que nous n'avons pas de source publique pour l'établir : agroalimentaire, cosmétique, vente à distance, distribution. C'est le sujet qui touche le plus d'entreprises, et celui sur lequel circulent le plus d'affirmations invérifiées, parce qu'il se vend bien.
Le PPWR ne crée aucun passeport numérique de produit
Nous avons lu le texte intégral. Le mot « passeport » y apparaît deux fois, et les deux occurrences sont dans le considérant (terme du glossaire : définition au survol, au clavier ou au premier appui) 70, donc dans l'exposé des motifs et non dans les articles qui obligent. La formulation est au conditionnel.
Ce que cela dit, exactement : si un passeport existe déjà pour votre produit au titre d'un autre texte, alors il devrait aussi porter les informations exigées par le règlement emballages. Ce n'est pas la création d'un passeport pour l'emballage, c'est une consigne de non-duplication. Une entreprise dont les produits ne relèvent d'aucun texte imposant un passeport n'a, au titre du PPWR, aucun passeport à créer.
Les obligations réelles du texte
L'essentiel du sujet tient à l'article 12, sous le titre « Étiquetage des emballages », et il distingue trois choses que les résumés confondent systématiquement.
| Ce dont il s'agit | Statut | Ce que dit le texte |
|---|---|---|
| L'étiquette harmonisée sur les matériaux | Obligatoire, à une date conditionnelle | Portée par les emballages mis sur le marché, avec pictogrammes, pour faciliter le tri par les consommateurs. Ne vise ni les emballages de transport ni ceux soumis à consigne, sauf pour le commerce en ligne. |
| Le marquage numérique des substances préoccupantes | Obligatoire | Les emballages contenant des substances préoccupantes « sont commercialisés au moyen de techniques normalisées et ouvertes de marquage numérique », selon une méthode que la Commission doit établir. |
| Le code QR de tri | Facultatif | « Les opérateurs économiques peuvent placer un code QR ou un autre type de support normalisé de données numériques ouvertes sur l'emballage. » C'est une faculté, pas une obligation. |
Le troisième point est présenté à peu près partout comme une obligation à venir. Le texte emploie le verbe pouvoir. Un fournisseur qui vous vend la mise en conformité à une obligation de QR code sur l'emballage vous vend quelque chose que le règlement ne demande pas.
Pourquoi la date de 2028 ne tiendra pas
Une phrase du texte suffit à le montrer. L'étiquette harmonisée est due « au plus tard le 12 août 2028 ou 24 mois à compter de la date d'entrée en vigueur de l'acte d'exécution adopté en vertu du paragraphe 6 ou 7, si cette dernière date est postérieure ».
La date réelle est donc la plus tardive des deux. Or les paragraphes 6 et 7 donnaient à la Commission jusqu'au 12 août 2026 pour adopter ces actes d'exécution, et à notre relevé du 15 août 2026, aucun ne l'est.
- Le compteur de 24 mois n'a donc pas commencé à courir.
- Même si l'acte d'exécution paraissait demain, la seconde date tomberait après août 2028.
- La date de 2028 que tout le monde cite est donc dépassée par la seconde branche de l'alternative, mécaniquement.
Nous ne publions pas de date de remplacement, parce qu'elle dépend d'une publication qui n'a pas eu lieu. Nous disons seulement que celle de 2028 ne peut plus être tenue telle quelle, et nous porterons l'acte au calendrier dès sa parution.
L'échéance de 2030, qui ne dépend d'aucun acte préalable
Une autre date du texte mérite d'être connue tôt, parce qu'elle porte sur la donnée la plus difficile à obtenir d'un fournisseur.
- 1er janvier 2030
- La Commission doit avoir adopté la méthode d'identification des substances préoccupantes par marquage numérique. Le texte précise ce que cette méthode devra garantir : au moins le nom et la concentration de la substance préoccupante présente dans chaque matériau d'une unité d'emballage.
Le nom et la concentration, par matériau et par unité d'emballage. C'est un niveau de détail que très peu d'entreprises détiennent aujourd'hui sur leurs emballages, et qui se demande à des fournisseurs qui ne l'ont pas nécessairement non plus.
Les actions possibles dès maintenant
Aucune de ces actions ne dépend des actes en attente. Toutes seront utiles quel que soit leur contenu, et aucune ne suppose d'acheter un outil.
- Recenser vos emballages, ce qui est rarement fait : combien de références, quels matériaux, quels fournisseurs. C'est la donnée qui manque à tout le monde et celle qui prend le plus de temps à réunir.
- Identifier ceux qui contiennent des substances préoccupantes, puisque c'est le seul cas où le marquage numérique est déjà obligatoire dans le texte.
- Demander à vos fournisseurs le nom et la concentration des substances par matériau. C'est ce que la méthode de 2030 exigera, et c'est une négociation qui se mène mieux quatre ans avant que six mois avant.
- Ne pas acheter de solution sur la foi d'une obligation de QR code en 2028 : le QR est facultatif dans le texte, et la date de l'étiquette a glissé.
Questions fréquentes
Le PPWR impose-t-il un passeport numérique à mes emballages ?
Non. Le mot n'apparaît que dans un considérant, au conditionnel, pour dire qu'un passeport existant au titre d'un autre texte devrait aussi porter les informations du règlement emballages. Aucun article n'en crée un.
Dois-je mettre un QR code sur mes emballages ?
Le texte dit que les opérateurs économiques peuvent le faire, en complément de l'étiquette harmonisée. C'est une faculté. Le marquage numérique obligatoire vise les emballages contenant des substances préoccupantes, et sa méthode n'est pas encore publiée.
Suis-je concerné si je revends des produits déjà emballés ?
Votre rôle dans la chaîne détermine vos obligations, et il ne se déduit pas du fait de fabriquer ou non l'emballage. La page sur les rôles détaille ce point.
Que faire si mon fournisseur d'emballage ne sait pas répondre ?
C'est fréquent et c'est une information à consigner. La question de la donnée manquante se règle contractuellement, et plus elle est posée tôt, meilleure est la position de négociation.
Sources
- Règlement (UE) 2025/40 (PPWR, emballages)
Union européenne, consultée le 14 août 2026. Texte intégral lu : article final sur la mise en application, article 12 sur l'étiquetage et le marquage numérique, considérant 70 sur le passeport. Le mot « passeport » n'apparaît nulle part dans le dispositif. - Digital Product Passport, page principale
Commission européenne, consultée le 15 août 2026. Calendrier indicatif des actes délégués, catégories couvertes par le registre.